Les assistants IA ne citent qu’une poignée de PME locales, selon un test
Un test sur dix requêtes locales montre que Google et Copilot ne s’appuient pas sur les mêmes sources : de quoi guider un plan d’action en quatre semaines.
En bref
- Une réponse générée par un assistant IA ne retient souvent que quelques entreprises, là où une page de résultats classique en liste des dizaines.
- Google valorise les fiches d’établissement fournies, Copilot s’appuie largement sur des annuaires et des classements.
- La cohérence du nom, du téléphone et de la zone d’intervention précède la multiplication des inscriptions.
- Aucun prestataire ne peut garantir une position dans les réponses d’une IA.
Lorsqu’un chef d’entreprise interroge une IA conversationnelle pour savoir qui engager à proximité, quelques noms seulement sont avancés. D’après Journal du Net, Google AI Mode comme Copilot de Bing composent une synthèse qui cite en général peu de sociétés, chacune accompagnée d’un bref argument, là où les résultats traditionnels alignent des dizaines de liens. Les entreprises non citées sont donc écartées d’emblée du choix.
Ce qu’un test local permet d’observer
Pour l’expérience, dix requêtes locales strictement identiques ont été posées à deux outils, sur les thèmes suivants : agence web, SEO, refonte de site, fiche Google et boutique en ligne, dans le périmètre alsacien. Sur Google, les sociétés recommandées avaient quasiment toujours une fiche d’établissement bien remplie, un site lisible et une adresse locale facile à repérer. Sur Copilot, les réponses s’appuyaient en grande partie sur des annuaires et des palmarès d’agences, au point de recopier à l’occasion, quasiment tel quel, le classement d’un site extérieur.
On peut résumer ainsi : l’assistant n’a pas vocation à « découvrir » une société, il compile ce que d’autres sites publient déjà sur elle.
Les bases : référencement, cohérence, sources tierces
Le GEO, c’est-à-dire la présence dans les réponses génératives, ne se substitue pas au SEO traditionnel : il repose dessus. Les bases demeurent inchangées : chaque service doit avoir sa page, expliquée simplement, avec des mentions légales et des coordonnées faciles à trouver. Si les moteurs comprennent mal un site, une IA le résumera tout aussi mal.
Il faut ensuite soigner l’homogénéité de l’entité locale. Raison sociale, numéro de téléphone, zone desservie et catégories d’activité doivent se retrouver à l’identique sur le site, sur Google Business Profile, sur les réseaux sociaux et dans les annuaires. Une vieille adresse laissée sur une plateforme suffit à introduire une contradiction. Plutôt que de multiplier les inscriptions, l’article estime que commencer par un état des lieux des mentions déjà en ligne est souvent le geste le plus rentable.
Les réponses génératives peuvent également tenir compte d’indices venus de tiers fiables, par exemple l’adhésion à des réseaux d’entreprises locaux ou la présence dans des programmes publics d’aide aux entreprises. Leur construction demande du temps, et c’est précisément ce qui leur donne du poids. Pour une vue plus large de la visibilité locale, un autre article du site aborde la visibilité des entreprises locales.
Pratiques à écarter
- Les fausses évaluations, ou les commentaires écrits par l’entreprise à la place de son client : les plateformes les interdisent, et la loi peut y voir une pratique commerciale trompeuse.
- L’accumulation de noms de villes dans les intitulés et les fiches, qui dessert autant la clarté que la confiance accordée à l’entreprise.
- Les annonces du type « numéro un dans ChatGPT » : nul prestataire ne maîtrise ces réponses, et personne ne peut s’engager sur un rang.
Un plan en quatre semaines, puis un contrôle
- Semaine 1 : vérifier la fiche Google et les mentions existantes, puis corriger chaque incohérence.
- Semaine 2 : dédier une page à chacun des services et rédiger une FAQ construite à partir des interrogations que les clients formulent réellement.
- Semaine 3 : demander son opinion à chaque client récent, une unique fois, sans rien offrir en échange.
- Semaine 4 : adhérer à un ou deux réseaux locaux de bonne réputation.
Pour vérifier, il suffit de soumettre dix questions à deux assistants IA, puis de relever les entreprises mentionnées ainsi que les sources qui les appuient. Rester visible sur Google demeure indispensable, mais une PME qui veut être recommandée par une IA doit en plus se montrer cohérente, vérifiable et mentionnée par des tiers.
Photo : Ketut Subiyanto / Pexels